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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 18:54

 

Hier j'ai fait du tri, j'ai enlevé toutes les photos de toi des albums de vacances.

Je ne les ai pas jetées, juste mises dans la grande enveloppe brune en compagnie de tes poèmes et de tes missives d'amoureux.

Je les ressortirai peut-être un jour, lorsque je serai une vieille dame digne (?) pour me remémorer qu'un jour, un an ou un peu plus ce beau gars-là m'a aimée.

Pas de nostalgie dans le tri, dans tous mes tris.

L'autre jour c'était le tour des pulls, des tee-shirts et autres frippes qui m'ont accompagnée un temps lors des balades, des sorties, du travail, qui parlaient de moi aux regards des autres,

qui savaient cacher ce que je n'avais pas envie de montrer et

qui savaient envelopper le corps du chiffon qui me ressemblait à ce moment-là.

Une autre fois c'était la valse des bricoles à poussière, vous savez celles qu'on ne veut pas jeter car elles sont le souvenir d'un cadeau, d'un moment, d'un coup de coeur ? Et puis qu'un jour on a assez de soulever pour passer le chiffon, alors qu'on remise au garage en attendant le troc ou le don à l'assoc du quartier.

Et les papiers, la paperasserie qui s'accumule, les petits papiers de renseignements qu'on garde "au cas où", les archives des comptes en tout genre, les lettres fanées et les adresses périmées du répertoire ?

Pas bien, pas gentil :le tri des amis qu'on n'a plus envie de voir car ils font partie d'une autre époque, d'une partie de notre vie qui n'est plus la même aujourd'hui ou ceux qui nous pompent notre énergie... alors qu'à côté il y a d'autres rencontres possibles qui sont celles qui nous correspondent aujourd'hui.

Le grand tri de la séparation, plus envie de ces choses partagées à deux, pleines de souvenirs d'un avant. Juste prendre quelques petites pincées de matériel utile et pas  chargé de sentiments.

Quand je suis partie de la maison où j'ai vécu 20 ans en famille, j'ai fait des "sacs", pas de cartons, un sac par pièce, un sac par jour pour emporter dans une maison sans âme qui a abrité durant un an la douleur des illlusions perdues.

Et puis aussi : le tri des bouquins que je ne relirai pas, qui m'ont plu à l'époque des princes et des princesses, des cd que je n'écouterai plus, dont la musique vivait le temps d'un été, le temps d'une rencontre.

Je pratique le tri-thérapie, excuse pour le mauvais jeu de mots, je trie pour changer quelque chose dans ma vie, je trie pour ne pas accumuler la poussière sur ce qui fut, je trie pour aller en avant, je trie pour ne pas cultiver la nostalgie, je trie pour laisser place à la nouveauté.

 

Jacinte Grenier

Mars 2009

 

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 18:53

H.P

 

HP

 

Ils déambulent dans les couloirs

s'arrêtent

te regardent, restent ou repartent

Dans leur tête c'est la tempête

le labyrinthe, le couloir sans fin

Ils ne savent plus réfléchir

comme toi et moi

Ils ne savent plus placer les choses de la vie

dans les bonnes cases

Ils se trompent de problème

ils pensent qu'ils n'en ont pas

Ils ont bâti un mur infranchissable

derrière lequel ils se retranchent

eux et leur souffrance

de ne pas savoir pourquoi

ils sont là

et pas dehors comme toi

Ils ont le regard vide

ou embué

leur agressivité

a été matée

par les pilules vertes ou roses

qu'on leur donne à avaler

plusieurs fois par jour

pour leur éviter

de se faire du mal

ou d'en faire

 

HP antichambre de l'enfer

de l'enfermement de soi

de l'enfermement sur la vie

d'un monde irréel

plein de fantasmagories

de pleurs et parfois de cris

de souffrance de l'âme

qui ne sait plus très bien

où elle va, vers quoi

vers l'oubli ou vers........... la vie

 

Il y a pourtant

des rayons de soleil

des sourires au-dessus de blouses blanches

des paroles de réconfort

des oreilles qui écoutent

qui essaient de ramener

ces âmes paumées

vers la porte de sortie

en l'entrouvrant petit à petit

en expliquant que dehors est la vie

qu'il faut pour cela

accepter

ses angoisses, ses phobies, son mal-être

en cherchant parmi les vivants

des solutions plus légères

que celles suggérées

par de mauvaises amitiés

des chemins de traverse

qui croisent la route quand on ne sait plus où aller

qu'il faut démolir le mur

derrière lequel beaucoup d'entre eux se cachent

à coups de confiance en soi

d'espoir

en allant chercher tout au fond

la petite flamme qui vacille

mais qui brille encore

et qu'un peu de brindilles

va faire flamber à nouveau.


Jacinte Grenier

P5010039Mai 2010

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 18:46

 

Je suis du côté de.....

 

Je suis du côté de celui qui pleure

plutôt que de celui qui ricane

Je suis du côté de celui qui marche

plutôt que de prendre sa voiture

Du côté de celui qui rame en fin de mois

plutôt que de ceux qui accumulent

Je suis du côté de celle qui se bat pour ses enfants

plutôt que de celui qui veut les lui enlever

Du côté des faibles

Contre celui des puissants

 

Et tant pis si je suis un looser

Et tant pis si je trébuche sur la route de la vie

Et tant pis si mon bateau tangue

Du moment que le coeur y est

Du moment que la vie continue

Du moment qu'on y voit des sourires

Je préfère la solidarité des pauvres

aux assemblées de riches

Je préfère partager un verre d'eau avec un ami

Que de fréquenter les cocktails

Je me sens mieux au milieu des simples

Qu'entourée de beau linge

 

Je suis du côté de celle qu'on bat

Plutôt que du côté du costaud

Je suis du côté du mendiant

Plutôt que de celui qui possède tout

Du côté des justes

plutôt que de ceux qui mentent en souriant

Je suis du côté des malades

Du côté des souffrants

Du côté des perdants

Plutôt que de celui des jeunes loups

Et tant pis si je ne gagne pas tant

Et tant pis si je n'ai que l'essentiel

Et tant mieux si je m'en « contente »

La vie est ailleurs

La vie est dehors

La vie est avec

 

Et le coeur, même lourd, le plus beau des partages....

 

Jacinte Mon-regard-sur-la-vie-0004.JPG 

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 00:26

 

Le cri d'une mère

 

Non ce n'est pas pathétique

Oui c'est la vie

Non je ne pleure pas pour rien

Oui je suis triste pour elle

Non je ne suis pas coupable

Oui je me sens impuissante

Non je ne veux pas qu'elle souffre

Oui j'aimerai l'aider

Non je n'y arrive pas

Oui je me sens démunie

Non je ne veux pas qu'elle parte

Oui la vie peut être belle

Non elle n'y croit plus

Oui je voudrais lui dire

Non elle ne m'écoute pas

Oui elle fait n'importe quoi

Non elle ne le sait pas

Oui il faudrait qu'elle comprenne

Non elle préfère s'emmurer

Oui il faudrait qu'elle accepte

Non elle se bouche les oreilles

Oui on sait l'écouter

Non elle n'entend pas

Oui je ne sais plus quoi lui dire

Non je ne veux pas la laisser

Oui il y a des gens qui l'aident

Non elle ne les voit pas

Oui elle est entourée

Non elle ne le sait pas

Oui elle est malade

Non elle ne le croit pas

Oui elle peut guérir

Non elle n'y croit plus

Oui je suis sa mère

Non je ne perds pas courage

Oui, si un peu parfois

Non je ne baisse pas les bras

Oui tant qu'il y a la vie il y a l'espoir

Non tu ne sais pas tout ce que je t'aime

Oui c'est pour toi que je me bats

Non je ne te laisserai pas

Oui tant que je serai là,je ne te laisserai pas partir là d'où on ne revient pas

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 00:24

passerelle.JPG 

Le poéte de la plèbe

 

Il a le coeur en bandouillère

la main tendue

vers les déchirures des autres ;

Il devine la misère

derrière les façades fissurées de la ville ;

Il entend gémir

la foule des sans-logis

quand la bise l'hiver

les transit jusqu'aux os ;

Il déchiffre les coups

sur le visage et le corps

de cette femme qui passe

baissant la tête,

pressant le pas

se hâtant vers son martyr

sans jamais oser le dire ;

Il regarde sur le trottoir d'en face

les jeunes désoeuvrés

qui pour ne pas sombrer

s'inventent des jeux à faire peur

à faire mal

la conscience embuée par trop de désespoir ;

Il connaît bien son quartier

la colère qui l'habite

et qui sourde le soir

quand les frigos sont vides

et qu'on ne sait pas

de quoi demain sera fait :

la mère aux ménages, éreintée

le père au chômage à l'année

le fils aîné du collège renvoyé

et la fille qu'on culbute dans les caves pour s'amuser...

Il aimerait pouvoir

en hurlant avec eux

rompre cette fatalité

qui leur courbe le dos

Alors il écrit, se servant des mots

pour panser quelques maux

et la musique de son coeur

sait soulager un instant la douleur.

 

Jacinte,

 

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 00:23

Le nouveau règne Mon-regard-sur-la-vie 0013-copie-1

 

Tout doucement, sans faire de bruit,

Elle...............

se ressème, se parsème, se colore de vert

se parfume à la chlorophyle

envahit chaque recoin

de quelques herbes folles

de coquelicots et de marguerites

colonise le bitume de brins de folie verte

grimpe aux façades qui se lézardent

de feuilles et de branchages entremêlés

se faufile derrière les murs bétonnés

pour envahir en douce les bordures de trottoir

et saupoudrer d'espoir

le goudron tout noir

fleurit à chaque coin de rue

redonnant le sourire aux visages blafards

des passants du soir

parfume l'air vicié d'effluves de nature

 

Elle................

la révolution verte, la force tranquille

que l'homme ennemi a en vain essayé d'anéantir

et qui inexorablement reprendra ses droits

lorsque l'ennemi enfin comprendra

qu'elle est l'avenir, le juste retour de la raison

la révolution verte notre avenir en couleur.

 

Jacinte, texte inspiré par Djamal Layeun, dessinateur graphique 

 

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 00:21

P8190003.JPG 

Voici ma recette de la confiture de mûres :

- enfiler un bermuda ou un jean, une paire de bottes,

- emporter un panier d'osier et un bocal,

- aller dans un endroit calme et entouré de verdure, loin des routes et de l'agitation des villes,

- s'arrêter près des ronciers et commencer la cueillette en écoutant le chant des oiseaux, le bruissement des feuilles dans l'odeur des mûres,

- remplir à demi le panier (ou plus si vous êtes dans un bon coin,
- s'essuyer les mains sur une touffe d'herbe, boire une goulée d'eau fraîche,

- à la maison laver les mûres,les peser,

- les verser dans une grande bassine en cuivre (achetée en vide-grenier ou donnée par la grand-mère),

- ajouter le sucre (un peu moins en poids), de préférence du sucre brun,

- faire cuire à feu vif,

- ébouillanter les pots en verre, 5 bonnes minutes, pour les stériliser,

- quand la confiture sent bon, verser dans les pots,

- retourner ceux-ci quelques minutes sur le torchon,

- mettre le reste de la confiture dans un bol et....

savourer, se lècher les babines, nettoyer avec le doigt la bassine en se disant que vraiment c'était une bonne idée d'aller aujourd'hui cueillir des mûres car demain ils ont prévu de la pluie :)

 

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 00:18

 

Endettement

 

Ca faisait longtemps qu'il le craignait...

N'osant plus ouvrir sa boîte aux lettres,

De crainte d'y trouver l'enveloppe grise,

Celle qui lui demande, une fois de plus,

De payer cette somme dérisoire

Qu'il leur doit depuis plusieurs mois

Et qu'il n'arrive pas à trouver.

Pourtant il a de la dignité,

Du courage et de la volonté

Mais là, depuis tout ce temps,

Il se sent fatigué, fatigué, fatigué :

Il n'arrive pas

A mettre de côté,

Sur son revenu de misère,

Le peu qu'on lui demande

Et qu'on lui menace de prendre

Sur ses maigres biens,

Sur sa dignité de père,

Sur sa vie de misère.

Lui, le coupeur de bois,

Le vendeur à la petite semaine,

Il se sent fatigué, fatigué, fatigué....

 

On lui a coupé l' électricité,

on lui a coupé l'eau,

Il ne pouvait plus payer,

Son revenu de misère n'y suffisait pas.

La dette dérisoire est restée,

Il doit quand même l'honorer :

L'état n'a que faire

De sa vie de prolètaire,

Il veut juste que les dettes

Soient un jour remboursées,

Quelque soit la manière de faire,

Du moment que tout rentre dans l'ordre

Et que les caisses se remplissent

Avec les sous des misèreux.

 

 

Ca y'est, c'est le jour

Où débarque l'huissier

Il a peur, il ne sait pas quoi dire,

Il le suit dans l'escalier,

Le regarde noter sur la feuille

La liste noire de son mobilier :

La vieille table sous la toile cirée,

Le poste de télé, la gazinière,

L'armoire du grand-père

Et les quatre chaises empaillées.

 

«Mais que va-t-il me rester ? 

Pour vivre, pour manger,

Pour essayer de sauver

Ce qu'il reste de ma dignité ? »

Il s'est mis à pleurer

Et dans le regard de l'huissier

Passe un éclair de solidarité :

« Allez les voir, passez !

Dites-leur ! Expliquez !

- Vous savez je suis fatigué,

je voulais juste vendre mon bois

vous comprenez ?

Je voulais juste vivre dignement

Ne rien à devoir à personne,

Vivre de peu mais vivre,

Vous comprenez ? »

Et ses larmes coulent

Elles ne peuvent s'arrêter

Ses mains se nouent, son regard implore

« Vous comprenez ? »

 

 

J'ai écrit ce texte après avoir vu un reportage sur les huissiers : dettes en souffrance.

En ce contexte de crise, les huissiers sont les témoins des difficultés financières de français. Impayés, retards de loyer.... pour éviter la saisie, ils doivent souvent « négocier » avec les débiteurs.

Le reportage faisait état d'un homme d'un certain âge, touchant le RMI ; il avait à sa charge sa fille, vendait du bois et devait une petite somme de 157 E depuis plusieurs mois. On lui avait coupé l'eau et l'électricité.

Il a craqué lors de la visite de l'huissier venu faire l'inventaire de son maigre mobilier et moi j'ai craqué de le voir ainsi désespéré......

Alors que certains volent en jet privé et ont des Rollex scintillantes au poignet... nous sommes en 2010 mais il y avait moins d'écart entre les serfs et les seigneurs !

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