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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 23:34

P2080052.JPG 

J'habite une région magnifique, le sud Bretagne et outre les paysages variés et changeants, j'ai la chance de pouvoir aller danser en fest-noz très souvent.
On me demande régulièrement "c'est quoi un fest-noz ? c'est le truc où on danse en rond en se torturant le petit doigt ?"
D'où l'écriture de ce blog pour informer les futurs visiteurs de ce qui les attend quand on va pour la première fois participer à un fest-noz ;-)

En résumé, je dirai que c'est un très bon défoulement pour la tête et pour les jambes...


Il m'est arrivé d'y aller alors que le moral était très bas et de m'y amuser en oubliant totalement les 
soucis de l'avant, ce qui me surprenait moi-même.

 

Après une semaine « statique » sans effort physique, aller se remuer au rythme de la musique celtique : taper des pieds, des mains, fléchir les bras, les jambes, le petit doigt :), virevolter, sauter, lever les bras, les pieds, de déplacer dans l'espace de multiples façons.... ça c'est du sport !

 

Pour qu'un fest-noz soit réussi, comme le dit mon amie Mado, il faut un cocktail : de la bonne musique (pas plan-plan), de l'ambiance (les visages qui se sourient en se croisant, les « you-you », les pas de danse au feeling, pas forcément « policés » , une bonne dose de rigolade !)et y retrouver des gens qu'on aime bien afin d'échanger dans la danse.

 

« Mais, concrètement, vous demandez-vous encore, vous y faites quoi ? »

Selon la musique, jouée souvent par un groupe de 4 à 7/8 musiciens, avec des instruments mêlant tradition et modernité : violon, accordéon, guitare acoustique, électrique, basse, batterie, djembé, bodhram, veuze, cornemuse, biniou, bombarde, flûte traversière, clarinette et autres cuivres, harpe..., on danse en farandole, en ronde, par deux, trois, quatre... des pas variés et des déplacements glissés, sautés, virevoltés.

Nos danses se nomment : andro, anterdro, rond de Loudéac, rond de st-vincent, laridé, plinn, gavotte, kost ar ch'oad, scotish, valse, mazurka, bourrée, avant-deux de travers, etc etc etc....

On s'accroche par le petit doigt, oui ;-), pour certaines farandoles, mais on se donne aussi la main, on se tient le bras, par la taille, les épaules....

 

Ce que j'y aime particulièrement c'est le mélange intergénérationnel qu'on trouve rarement en discothèque ou autre sortie-concert-spectacle. Jeunes et moins jeunes dansent côte à côte sans manière et ce joyeux mélange est très spontané.

En tant que femme, ce que j'apprécie aussi, c'est de pouvoir y aller seule sans risque de me faire « embêter », l'ambiance y est saine, on peut danser toute la soirée et d'autres suivantes, avec le même cavalier, sans « compensation ultérieure » :-D

 

Les groupes de musiciens sont très différents les uns des autres. Il y a bien sûr ceux qui sont restés dans le répertoire traditionnel, ceux-là sont recherchés par les personnes désirant danser d'une façon variée, pas trop loin de chez eux, et souvent entre amis, en couple ou en cercle.

Et puis il y a les jeunes formations, que je préfère, qui ont su tirer partie du répertoire celtique tout en faisant évoluer la musique. Ils s'inspirent de plusieurs mouvements musicaux : rock, jazz, tzigane, world, funk, électro et même parfois métal...

 

C'est pourquoi j'aime tant les festou-noz, tellement variés, vivants et plein de bonnes surprises, cela m'arrive de faire pas mal de route pour aller danser si je sais que je vais trouver au bout du chemin l'assurance d'une bonne soirée même si je privilégie maintenant davantage la proximité.

 

Dans d'autres régions sans doute existe-t-il d'autres manières de s'amuser, de partager, mais ici en Bretagne, nous sommes heureux d'avoir le fest-noz pour cela.

 

D'autres questions sur notre sport régional ? ;-)

 

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 23:30

demi-more.jpg  

Hier soir, une ènième émission sur un sujet semble-t-il à la mode : les cougars.

Qui se cache derrière ce nom peu appétissant, à l'origine le nom d'un fauve prédateur de viande fraîche ?

Des femmes, d'un certain âge, voire d'un âge certain... à la recherche de l'amour auprès d'hommes plus jeunes qu'elles.

De l'amour ?

Ca dépend de ce qu'on met sous ce nom.

 

En effet il y a plusieurs sortes de cougars. Les premières, celles qui ont donné ce nom de code à cet état de fait, sont vraiment des prédatrices.

Elles ont de l'argent, gage de leur succès facile , une vie oisive et pour occuper leurs loisirs ne pensent qu'à une chose : se faire plaisir, facilement et sans aucun complexe en sortant avec des jeunes hommes.

Ces derniers, attirés par le luxe offert, ne rechignent pas à la « tâche » et sans aucun état d'âme, eux non plus, se laissent faire sans déplaisir apparent , au sens propre et au sens figuré ;)

Le reportage montrait quelques-unes de ces femmes, des américaines, riant à gorge déployée  (propre et figuré...) et semblant trouver facilement ce qu'elles recherchaient : des relations sexuelles faciles, superficielles et sans lendemain avec des jeunes hommes consentants.

Je ne porte pas de jugement mais je me demande quand même ce que tout cela cache...

 

Une autre sorte de cougars, qui ont davantage ma sympathie, ces femmes vieillissantes qui recherchent l'affection et qui pensent la trouver, souvent loin de leur pays, dans les rencontres avec de jeunes hommes qui usent de leur charme et de leur bagou pour les « embobiner » par compliments et attentions qui manquent tant à ces femmes.

Elles se laissent entraîner, parfois jusqu'au mariage, dans une relation qui semble leur apporter tout ce qui leur manque : affection, tendresse, attention...

Puis, un jour, c'est la chute, parfois brutale, le retour à la réalité, celle de leur âge, celle de la désillusion et là deux possibilités : elles abdiquent, partent en y laissant des plumes, autant morales que financières, soit elles décident de se battre, pour elles, et pour les autres qui pourraient tomber dans ce doux piège.

 

Ma réflexion, moi qui a l'âge de ces femmes, moi qui aime encore plaire et qui pourrait être attirée aussi par un beau parleur de quelques années mon benjamin.

Je les trouve pitoyables ces femmes, je ne les juge pas, loin de là, je les plains.

Je les plains de croire encore que ces hommes peuvent leur apporter ce qu'elles ont laissé derrière elles : la jeunesse et l'amour insouciant.

Je les plains de ne pas savoir que même seule, on peut vivre pleinement, sans entrave, sans illusion envers un autre, libre et heureuse de l'être.

J'aimerai les convaincre que l'on vit mieux seule et libre que dans une solitude à deux, dans l'angoisse du lendemain.

J'aimerai leur dire que c'est au fond de soi qu'on trouve le bonheur, pas en allant le chercher ailleurs ni forcément dans la compagnie d'un homme.

J'aimerai leur conseiller de garder leur énergie pour elle, d'autant que bien souvent, elles ont consacré une bonne partie de leur vie aux autres : à leurs enfants, à leur conjoint, à leur boulot.

 

Je les trouve pathétiques ces femmes, même celles qui disent que ça les amuse, qu'elles y trouvent du plaisir, plaisir de séduire, plaisir de se laisser séduire. Je peux comprendre ce sentiment mais on n'a pas besoin de donner autant de soi, de se peinturlurer la figure, de s'habiller moulant et finalement de se perdre dans un personnage superficiel qui n'est pas soi.

On peut aimer plaire, séduire, sans aller plus loin que le sourire, quelques mots échangés et bye-bye, ça ne fait de mal à personne et surtout pas à soi.

 

Je n'ai pas parlé des hommes dans ce texte, ni de ces jeunes hommes qui profitent de la situation de solitude affective de ces femmes, ni des hommes plus âgés qui eux ont beaucoup moins de complexes à sortir avec des minettes... ce n'est pas le propos de ce soir, je voulais parler des femmes, mes soeurs, mes amies, trop souvent trompées, trahies et longtemps naïves.


J'espère avoir réussi à en toucher quelques-unes, quelques-uns, ceux qui liront ces lignes et s'interrogeront sur le sens de leur vie, du vieillissement, de l'acceptation de soi, de leur image extérieure-intérieure, sans oublier de voir les nombreuses satisfactions inhérentes à chaque âge.

 

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 10:16

P4120007.JPG

 

La table était surprotégée de trois épaisseurs :

le tapis en caoutchouc, la toile cirée

et, pour les grands jours, la nappe en tissu bien repassé ;

ainsi faisaient nos grand-mères

pour garder longtemps intact

le bois ciré du meuble de la cuisine.

 

On économisait l'eau en laissant toujours

une bassine sous le robinet ;

l'eau pouvait ainsi servir plusieurs fois :

on y lavait d'abord la salade, puis on y rinçait quelques légumes,

on y passait la vaisselle peu sale,  légèrement,

avant que nos mains s' y savonnent allègrement.

 

On ne prenait qu'un bain par semaine,

c'était la fête ce jour-là...

On y trempait longtemps

et on s'amusait vraiment.

N 'allez pas croire qu'on sentait mauvais,

les autres jours on se lavait au gant,

dans le lavabo l'eau fraiche,

été comme hiver, nous réveillait.

 

On portait plusieurs jours de rang

la même « toilette », changeant juste chaque jour,

les dessous de coton

et les bas ou les chaussettes de laine ;

faire la lessive ça « coûtait » en peine et en sous

et il fallait ménager les deux.

 

Les torchons et serviettes étaient longtemps gardés,

maintes fois lavés et ravaudés :

nul besoin d'acheter des rouleaux de papier.

Les chaussettes trouées étaient raccommodées,

on ne les remplaçaient pas de sitôt :

un sou était un sou

et le porte-monnaie bien souvent plat.

 

On marchait beaucoup :

on allait à l'école à pied,

les courses se faisaient au jour le jour,

pas de réserves, si ce n'est à l'automne,

les fruits engrangés.

Le laitier livrait le lait tout frais, sur le pas de la porte

et on allait une fois par semaine

chercher le gros pain qui se conservait plusieurs jours.

 

Les jours de marché

on remplissait le panier

de couleurs et de senteurs

qui égayaient la table

et remplissaient nos estomacs

d'aliments sains et goûteux.

 

Le grand-père faisait son potager

pour fournir la tablée,

tout au long de l'année.

Il gardait les graines pour réensemencer ;

on ne parlait pas de bio, c'était évidemment « naturel » ;

pourquoi a-t-il fallu, quelques années plus tard,

« protéger » à tout prix les récoltes,

de dangers supposés et peut-être inventés

par les lobbys du commerce,

au lieu de nous garder en bonne santé ?

 

Noël n'était pas cette débauche de victuailles,

de cadeaux technologiques dernier cri,

de course aux achats

dans les magasins surchauffés

et surchargés de monde,

mais une fête de la famille,

autour d'un repas amélioré,

avec une fois seulement par an,

échanges de cadeaux simples

mais pourtant longtemps rêvés

par les enfants aux yeux émerveillés.

 

La moindre petite dépense

était notée sur un carnet,

que ma mère gardait dans le tiroir de la cuisine.

Pour ne pas dépasser le budget serré,

elle cousait nos vêtements

et rallongeait les ourlets de mes robes,

jusqu'à ce que mes jambes les dépassent de trop ;

en ce temps-là la mode faisait long feu.

 

Il n'y avait pas de petites économies :

même l'allumette pouvait resservir,

les bouts d' ficelle encombraient le tiroir

et faisaient bon ménage avec un précieux bric à brac

d'objets incertains qui auraient un lendemain.

Ne rien jeter, tout garder « au cas où »

était la devise des ménages ;

point besoin de déchetterie, ni de conteneurs de tri,

peu de rejets :

les épluchures pour le fumier,

le papier écrit des deux côtés,

la bouteille consignée,

et les emballages réduits

à leur plus simple appareil.

 

La fée électricité

ne régnait pas sur la ville :

les lampadaires citadins,

très vite éteints,

n' attiraient pas plus que ça

les voyous des bas quartiers.

A la maison c'est la bougie

qui éclairait les veillées ;

à la campagne la cheminée

réchauffait les pièces et les cœurs.

 

Ce n'est pas par nostalgie

que j'ai écrit ces lignes,

mais pour témoigner

d'une vie plus simple que l'actuelle

et pour réfléchir à ce qui pourrait

à nouveau faire partie de notre quotidien,

sans pour autant nous priver

du confort auquel on s' est habitué.

Quelques petits gestes simples et économes

revivraient volontiers,

pour économiser notre santé, nos sous

et notre terre nourricière

que depuis trop d'années

on s'échine à damner !

 

Jacinte

 

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 23:54

 

Auto-satisfaction

 

Depuis quelques jours un petit voyant rouge restait allumé sur le boitier

du programmateur près de la chaudière...

Ca m'agaçait, sans que je prenne le temps de me pencher sur le problème : la chaudière fonctionnait normalement, ça pouvait attendre...

Pourtant quand je passais à côté dans le garage, ce petit voyant rouge continuait à me narguer.

Comme à chaque fois que je laissais un problème, une corvée quelconque attendre... je me sentais vaguement coupable de retarder le moment où j'allais m'atteler à la tâche.

 

Aujourd'hui ce fut le « bon » jour...

Après avoir feuilleté le guide de maintenance durant un bon quart d'heure, celui-ci apparemment écrit pour un plombier confirmé..., je n'y trouvais pas la solution miracle qui me permettrait d'éteindre ce fichu voyant rouge...

Soudain l'illumination, l'évidence : si c'étaient les piles du thermostat qui s' étaient déchargées ?

L'escalier dévalé, le tournevis à la main, deux nouvelles AA mises en place, je cours vérifier : le voyant s'est éteint, enfin ! « Yesss ! »

 

Est-ce cette mini-victoire (le coup des piles j'aurais dû y penser avant !), est-ce la confiture de pommes encore chaude dans les dix petits pots alignés sur la table, est-ce la voiture déchargée des bûches de bois ramenées la veille et maintenant bien rangées sur le côté de la maison, ou les quelques phrases légères échangées avec des voisins, ou bien le feu qui a bien voulu prendre du premier coup dans le poêle ?... j'ai eu envie de me féliciter de cette journée bien remplie de ces quelques petites satisfactions, une journée où tout s'est déroulé sans incident, comme si ça allait de soi. Il y a des jours comme ça comme il y en a d'autres où tout va de travers dès le lever.

 

Se congratuler soi-même fait un bien fou... usons et abusons de l'auto-satisfaction, personne ne le fera mieux que nous-mêmes. Ca ne mange pas de pain, ça ne nuit à personne, ça fait du bien à notre pauvre égo bien souvent malmené (y compris par nous-mêmes) et ça n'a pas besoin d'attendre l'hypothétique compliment du conjoint, des enfants ou du supérieur.

 

Jacinte 

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 23:56

 

Une économie parallèle : le Sel

 

Le principe :

  • Paul n'utilise plus sa tronçonneuse et veut s'en débarrasser

  • Jacques recherche une tronçonneuse pour élaguer les arbres de son jardin

  • Myriam vient d'acheter son premier ordinateur mais elle est complètement perdue !

  • Jacques prend la tronçonneuse de Paul en échange de pétales « monnaie de singe »

  • Il vient donner quelques cours de base informatique à Myriam, contre d'autres pétales

  • Myriam quant à elle pourra aisément récupérer ses pétales... au prochain marché du Sel en y proposant quelques plants et légumes de son jardin.

 

Dans notre monde gouverné par l’argent, la possession, la consommation, le Sel permet à des personnes qui ont de petits moyens, de pouvoir s’échanger services ou objets, amicalement, sous le principe que si cela ne sert plus à l’un cela peut convenir à l’autre.... un peu comme un vide-grenier mais sans passer par la case monnaie.

 

Ainsi, depuis quelques années je fais partie du SEL de St-Nazaire et j’y trouve de nombreux avantages.

J’avais donc envie de vous faire connaître un peu le fonctionnement de cette association à but non lucratif.

On y adhère, pour la modique somme de 9 E (la seule qui n’aie pas augmenté cette année !) pour un an.

Sur le site de l'assciation, régulièrement mis à jour, nous avons accès aux propositions et souhaits des autres selistes.

Chacun y va de ses compétences (bricolage, jardinage, cuisine, coiffure, soins, massages, informatique, couture, dons artistiques ou manuels etc etc...) et propose aux autres ses services en échange de.... pétales.

En effet nous sommes tous des plantes à St-Nazaire, chacun a un pseudo se rapportant aux plantes, arbres ou fleurs et nos échanges ne se font pas en monnaie sonnante et trébuchante mais en pétales. Autrement dit il n’y a pas de transaction d’argent contre produit, comme dans la société de consommation, mais échange sans monnaie.

Une fois par mois nous avons la possibilité d’aller échanger nos objets devenus inutiles ou nos produits du jardin ou encore nos confitures, pains, plats etc... c’est un moment de convivialité que nous apprécions beaucoup.

De temps à autre sont organisés débats, sorties, cueillettes etc...

Il y a également des possibilités de covoiturage.

La route des Sels permet, si on y est inscrit, de voyager sans bourse déliée, puisque nous sommes accueillis, toujours sous ce même mode d’échanges, chez l’un ou l’autre qui y est inscrit aussi.

 

Ce mode d'échange est donc particulièrement agréable, les « transactions » se font dans la bonne humeur, le seigneur « argent » n'étant pas de la fête pour une fois !

 

Jacinte Grenier

26/09/2010

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 00:29

 

La salle d'attente

 

Dans la petite salle confinée

déjà remplie à moitié

quelques personnes patientent.

Un bref salut de la tête, un bonjour murmuré

je rentre en étouffant un soupir

« Pffff ! Y' en a au moins pour trois quart d'heure »

Le choix de la chaise : ni trop près de la porte d'entrée

mais pas non plus dans le coin reculé

où l'on risque de m'oublier 

ni près du monsieur un peu « enveloppé »

là ça y est, l'attente peut commencer.

 

Regard glissé, furtif vers les compagnons d'infortune

puis pour ne pas les gêner

et sans doute aussi à cause de cette fichue timidité

je m'invente un petit jeu pour patienter :

regarder plutôt leurs pieds

pour deviner d'après les souliers

qui peut bien les porter

là sûrement une dame d'un certain âge

(blancs, semelle à peine surélevée, le genre orthopédique)

la paire de baskets sans nul doute à une jeune fille

tandis que les chaussures-bateau

appartiennent à un monsieur bien comme il faut

ces hauts talons pour une coquette

et les sandales pour son petit garçon

« Zut j'ai oublié de cirer mes pompes»

 

Le silence un peu opaque

est troublé de raclements de gorge

du gargouillis d'un estomac en pleine digestion...le mien hélas

de toussotements derrière une main bien élevée

des frottements de tissu sur les chaises

de grincements de ces mêmes chaises

de craquement du parquet sous un pied qui s'impatiente

des pages de magazines que l'on tourne en baillant

et ponctué de temps à autre par la porte qui s'ouvre

pour laisser entrer un nouvel arrivant

qui cherche des yeux s'il reste un siège pour lui.

 

Le battant s'ouvre plus rarement

sur une petite personne bien droite

qui apparaît tous les quarts d'heure

tous les yeux convergent alors vers elle

avec le même regard interrogateur et rempli d'espoir

« Monsieur Truc ? » ou « Madame Machin ? »

...ce n'est pas encore mon tour...

on se recale sur la chaise en soupirant discrètement.

 

Sur un guéridon au milieu de la pièce

un amoncellement de « Match », « People » ou autre « Elle »

c'est dans les salles d'attente

qu'on apprend que Jonnhy s'est tordu le poignet

en jouant au golf avec Carla

ou encore que Pamela s'est fait refaire les seins

« J'ai bien fait de venir ! »

Trois magazines plus tard la petite dame très droite

vient enfin me chercher

je la suis en souriant à la ronde

ravie de cette délivrance

« Au-revoir m'sieurs dames »

 

Jacinte

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 13:12

Aquarelle en milieu naturel    

Aquarelle

 

 

Préparer le matériel c'est déjà un peu la fête

la boîte en métal aux couleurs arc-en-ciel

les pinceaux pour les étaler, les mélanger, les fluidifier

les pots à eau : deux pour garder l'eau claire

le crayon de bois pour l'esquisse

la gomme pour le trait de trop

le chiffon froissé en boule au fond

je n'ai rien oublié ?

mais si voyons le principal :

le papier à grain, blanc immaculé bientôt coloré.

 

Choisir l'endroit de rêve c'est aussi une part de création

pour cela il faut marcher

jusqu'à l'endroit un peu secret

qu'on préfèrera à tout autre

parce qu'on s'y sent bien, en accord parfait

de l'intérieur vers l'extérieur

entouré de nature préservée

de silence et de beauté

qu'on n'a pas envie de partager à cet instant

ce sera pour plus tard sur la feuille de papier.

 

Les yeux d'abord font le premier travail :

observer, se remplir le regard

de toutes ces couleurs qui nous entourent

là un peu de bleu, noyé dans le gris-alizarine

une touche de vert ici ou là, pas le même à chaque fois

et puis du jaune, du sienne et une pointe d'émeraude

réfléchir à la composition, commencer là

s'arrêter juste avant le bras de mer

ne pas oublier les lignes de fuite

oui comme ça je le sens bien.

 

S'installer confortablement

assise sur une moelleuse touffe d'herbe

ou sur le petit muret coloré de lichen

disposer autour de soi le matériel préparé avec amour

soupirer d'aise et attaquer le premier coup de crayon

l'esquisse apparaît en douceur sur le papier

quelques retouches ici ou là

et dans la foulée saisir le premier pinceau

les couleurs tranquillement glissent, se mélangent,

se superposent ou se côtoient

les unes franches, les autres à peine visibles

l'essentiel étant qu'elles soient harmonieuses.

 

L'instant est suspendu au fil de l'aquarelle

de temps en temps l'œil cherche le détail à rajouter

la touche de couleur qui manque

juste derrière l'eau de l'étier s'écoule

le clapotis sur les cailloux, quelques cris d'oiseaux de mer

la musique de cet endroit de paradis

me plonge dans le présent

et s'inscrit à sa manière sur le papier à grain

un dernier coup d'œil du paysage offert

vers sa réplique colorée

ne surtout plus rien rajouter.

 

Quand je regarderai plus tard

ce qu'aujourd'hui j'ai capturé sur le papier

plus fort que la nostalgie j'y verrai

le souvenir d'un moment doux dans le soleil de fin d'été.

 


 

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 22:52

 

P5010009.JPGLes chats



Depuis toujours j'ai côtoyé les chats avec grand bonheur ; j'aime tout chez ces petits félins. 

Avant tout leur grande indépendance qui s'accorde à la mienne, libres d'aller venir où bon leur semble, quand ça leur chante, tant pis si vous n'êtes pas d'accord si le chat veut sortir : il sort .

Et puis leur calme, leur douceur de vivre : se balader, grignoter, dormir, faire un câlin, se balader. Que ça fait du bien quand on est surmené d'observer le chat, de poser sa tête sur son dos pour l'entendre ronronner .

Leur sensualité, leur façon de bouger, de s'étirer, d'avancer tranquillement, sûrement, là où il a envie d'aller.

Leur beauté incroyable, la finesse de leur museau, de leur silhouette, leurs yeux magnifiques et leur pelage si varié et si doux à caresser .

Leur capacité à sentir nos états d'âme, à venir se lover sur vous quand ils sentent que vous avez le blues, à se frotter contre vos jambes quand ils ont envie de caresses ou.... de croquettes .

Leur caractère, à chacun le sien (de toutes mes chattes aucune ne se ressemblait, certaines ont su me toucher particulièrement), j'aime la non-soumission du chat, parce qu'elle ressemble à la mienne ? sans heurt mais avec une volonté propre qui le mène là où il veut.

Si je n'ai rien contre les chiens, que j'aime mieux chez les autres , je préfère cohabiter avec un chat, une chatte plutôt car je n'aime pas devoir diriger, commander, me faire respecter, ça me fatigue ; le chat vit sa vie, je vis la mienne et tout va bien ; tandis que le chien, avec ses yeux implorants me ferait faire tout ce qu'il veut .

Il y a quelques années j'ai lu le livre de l'actrice Annie Duperey« Les chats de hasard » qui expliquait très bien ce rapport là de « non-force », avec les chats, je le conseille aux amoureux de la race féline !....



Jacinte Grenier

2009

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 10:36

 

Journée ordinaire

 

7 h le bip du réveil résonne au milieu d'un rêve

A tâtons enfiler les vêtements préparés la veille

Histoire de grapiller quelques minutes de sommeil

Un coup d'brosse dans les cheveux

De la lotion qui sent bon sur le coton

Du dentifrice haleine fraîche-blancheur éclatante

Descendre dans la cuisine

Sortir le bol,brancher la cafetière

Beurrer les tartines en sirotant un jus d'orange

Les pensées encore embrumées

Il faut déjà quitter le cocon

Pour éviter le flot des bouchons

Bien commencer la journée

L'énervement matinal derrière le volant

N'est jamais bon pour le moral de la journée.

 

Bonjour ça va oui merci et toi

Aux collègues croisés dans le couloir

Cartable bourré des dossiers urgents

A travailler sans faute dans la journée

Tap-tap sur le clavier

Bip-Bip allô bonjour société machin-truc

Que puis-je faire pour vous ?

Courir photocopier ci ou ça

Aller remettre un papier important au directeur

Remplir le carnet de rendez-vous

« Zut j'ai oublié d'appeler le dentiste pour ce soir »

Poser le dossier vert sur la pile

Et attraper le violet en soupirant

Heureusement il n'en reste plus que quatre...

 

Midi, déjà ?, le ventre donne l'alarme

Pas eu le temps pour le café-croissant de 10 heures

Au snack d'à côté la queue s'allonge

Vite vite trouver un bout de place ici ou là

Papotages avec la collègue du deuxième

Maison, mari, bébé et toi c'est pour quand ?

Mais très vite il faut retourner

En tête à tête avec la pile de dossiers.

 

18 H c'est la ruée : la voiture, le périph et les bouchons

Nous ramènent comme tous les soirs à la maison

Il fait déjà noir au moins autant que ce matin

Et c'est l'heure des questionnements :

A quoi ça sert de courir autant

Pour trouver enfin un peu de calme et de repos

Quelques heures le soir

L'esprit aussi embrumé que le matin

Devant la télé et le défilé de catastrophes

Qu'on nous sert à l'heure du dîner

Histoire de nous montrer

Que nous sommes privilégiés...

 

Demain attaquer une nouvelle journée

Ouf dans trois jours c'est le week-end !

 

Jacinte Grenier

4/09/2010

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 20:04

escargot-assiette.JPG 

Le petit carnet rose

 

L'an dernier, sur ma table de chevet, m'attendait tous les soirs un petit carnet rose...

Non, ce n'était pas ce que vous imaginez ;) à l'intérieur pas la liste de mes anciens ou actuels amoureux (d'ailleurs il faudrait que je sois bien présomptueuse pour avoir besoin d'un carnet !), mais une phrase par page :  

  •  

  • Balade en plein soleil, très froid, très beau, dans les marais : de belles prises de vue

  • Pas envie de sortir, j'en profite pour faire un tri d'enfer dans la penderie

  • Quelques flocons de neige tombent

  • Passage au local du secours pop : ambiance conviviale et belles trouvailles

  • Le rire de ma fille au tél : elle est chez sa sœur et elles vont faire les soldes

  • Des commentaires sympas sur mes photos

  • Les enfants moins nombreux, la classe est très calme, tout le monde est serein

  • Un coup de tél de mon frère, on a bien discuté

  • Un bon fest-noz, des groupes de musiciens pêchus, l'ambiance que j'aime !

  • Câlin du soir avec le chat devant un beau documentaire

  • Soirée discussion avec mes deux enfants

  • Je travaille les photos de Brière et je les grave

  • Dimanche coconing, lecture, écoute de musique, petits cafés et grignotages

  • J'ai trouvé en balade plusieurs plants de fleurs sauvages

  • J'ai cueilli la première botte de radis, hum

  • Cet après-midi : un vide-grenier avec une amie

  • On a mangé pour la première fois sur la table de jardin

  • Fête de la musique ce soir, fête de l'été

  • Au programme : plage avec un bon bouquin

  • J'ai fait mes premiers pots de confiture de mûres

  • Dans le bois, après la pluie : ça sent bon les feuilles mortes

  • ............

 

 

Chaque soir de l'année, dans le petit carnet rose, j'ai noté un mini-évènement agréable, histoire de me prouver que tous les jours, si on sait bien observer, il y a forcément un, deux, trois ou plus...petits bonheurs.

Maintenant, plus besoin de ce carnet pour savoir les savourer quand ils se présentent car j'ai appris, de cette façon à les reconnaître et surtout à les apprécier mais s'il le faut à nouveau, je ressortirai du tiroir le petit carnet rose des sourires.

 

Jacinte Grenier

Le 31/08/20010

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Published by Jacinta Delapuertadelsol - dans Ecriture descriptive
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